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COMPOSÉS ORGANIQUES VOLATILS

COV, définition

Équipement pour la détection de COV

Les contaminants responsables de la pollution chimique de l'air. | Les polluants chimiques de l'air sont des gaz, des nanoparticules ou des microparticules provenant d’appareils de combustion, de la fumée de tabac, de produits domestiques et de soins personnels, et de divers matériaux de construction et de meubles pouvant contenir de grandes quantités de composés organiques volatils (COV).

Test et détection des composés organiques volatils (COV)

Le débit d’air présent dans les maisons ou dans les bureaux est une super-autoroute pour les composés chimiques qui créent des odeurs, de la fumée et des gaz. Cela favorise la propagation de substances chimiques appelées composés organiques volatils (COV); les plus connues sont les produits pétroliers comme les carburants, le formaldéhyde et l’acétone. Ils peuvent se dégager d’autres sources telles que :

  • Les aérosols
  • L’alcool à réchaud
  • Les assainisseurs d’air
  • Les bois de charpente
  • La cire et le cirage
  • Les colles de construction
  • Les composants électriques
  • Les produits de cosmétique
  • Les nettoyants ménagers
  • Les décapants
  • Les détachants
  • Les détergents
  • Les diluants
  • Fixatifs à cheveux
  • La fumée de cigarette
  • Les insecticides
  • Les tuiles de plancher
  • Matériaux de construction
  • Les meubles
  • Les moquettes
  • Les mousses isolantes
  • Les nettoyants
  • Les peintures
  • Les produits de nettoyage
  • Les vernis à ongles
  • Les vernis à plancher

Comme leur nom l’indique, les composés organiques volatils (COV) se définissent en trois principaux points : ils sont un regroupement de deux ou de plusieurs éléments; ils sont d’origine biologique parce qu’ils renferment du carbone et de l’hydrogène; et, finalement, ils sont considérés comme volatils puisqu’ils s’évaporent à la température ambiante et qu’on peut les vaporiser facilement.

Le carbone et l’hydrogène servent à la confection de plusieurs produits chimiques; cela fait en sorte que les COV sont présents dans une vaste étendue de ces produits et qu’il y a plusieurs sources possibles d’émission de COV dans l’air intérieur (à ce sujet, voir la liste ci-dessus). Plusieurs COV sont reconnus comme étant toxiques, et certains, comme le benzène et le formaldéhyde, ont été identifiés comme étant cancérogènes. Même si l’on n’a pas recensé d’effets nocifs sur la santé pour les autres COV, on demeure tout de même dans l’incertitude quant au risque que pourrait engendrer une longue exposition à ce type de produits chimiques à des taux couramment présents dans les maisons. Bien que l’on s’accorde sur le fait que la plupart des COV comportent peu de risques pour la santé, la vigilance demeure de mise, puisque les effets d’une exposition aux COV diffèrent d’un contexte à l’autre; cela dépend des taux et de la durée d’exposition, et, surtout, de la sensibilité de chaque personne aux différentes substances chimiques. Par mesure de précaution, il est recommandé de réduire, si possible, les taux de COV.

C’est le caractère organique des COV, puisqu’ils sont à base d’hydrocarbures, qui les rend volatils : c’est-à-dire qu’ils s’évaporent et qu’ils se vaporisent à température ambiante. On peut penser, par exemple, à l’essence, un produit pétrolier issu d’une multitude de composés organiques, qui réagit comme tel. On peut penser aussi aux colles constituées de parties d’animaux bouillies (hydrocarbures) qu’on utilise dans la production de produits de bois, des revêtements de sol en vinyle, etc., et qui se vaporisent ou qui produisent des effluves gazeux (dégagement gazeux), et ce, même après avoir durci.

Ce qui rend la compréhension de l’activité des COV plus difficiles est qu’on ne distingue pas l’évaporation de la vaporisation : toutes deux étant considérées comme le changement d’un solide à l’état liquide ou gazeux ou à l’état de vapeur liquide. Pour être plus juste, il faut se référer uniquement à la notion de vaporisation dans les cas de matière émanant d’organisme biologique non transformé par l’humain. D’autres organismes biologiques, comme les moisissures qui diffusent leurs spores dans l’air ambiant, les matières fécales des acariens, la poussière, ont la capacité de vaporiser des protéines nuisibles qui affectent la muqueuse des poumons. Ces derniers jouent un rôle important dans la pollution de l’environnement intérieur avec des émissions parfois bénignes, mais le plus souvent dangereuses pour la santé, et ce, à court ou à long terme.

Polluants provenant de meubles et de matériaux de construction. Une forte proportion de COV se retrouve dans des produits domestiques courants tels : des meubles, des matelas, des armoires, des matériaux de construction, du papier peint, des produits nettoyants et de la colle. Ces produits peuvent dégager des gaz dans l’air intérieur; c’est ce qu’on appelle des « émanations de gaz ». On doit également tenir compte du fait que des matériaux de construction, comme les isolants qui contiennent de l’amiante et la peinture qui contient du plomb, peuvent libérer des poussières et des particules nocives lorsqu’ils sont manipulés, surtout lors de travaux de rénovation qui nécessitent leur déplacement ou leur retrait.

Encore une fois, AIRTESTS vous conseille de vous renseigner sur les risques pour la santé que peuvent engendrer certains produits ménagers et certains matériaux de construction, et sur les précautions à prendre avant d’enclencher des travaux qui pourraient compromettre la santé des résidents ou de votre famille. De plus, en cas d’exposition, les jeunes enfants sont le plus à risque, car leur appareil respiratoire n’est pas complètement développé. Il faut donc les protéger davantage et être attentif à l’apparition des symptômes relatifs à l’exposition de COV : irritations des yeux, des voies respiratoires et digestives, maux de tête, sensations d’ivresse, de vertige et de nausée.

Les produits toxiques domestiques sont une source de COV. Une exposition à ces produits se fait par contact direct, ingestion ou inhalation. Les effets sur la santé varient selon la durée d'exposition : Une exposition à court termine survient au moment de l'application du produit. Cela peut engendrer des nausées, étourdissements, des réactions allergiques ou de l'irritation au niveau des yeux, de la peau et des voies respiratoires. Une exposition à long terme, quant à elle, peut entrainer de l'hypersensibilité et parfois même le cancer. Certains COV sont plus dangereux que d'autres, par exemple les BTEX :

  • Benzène : infection de la moelle osseuse, leucémie et dépression du système nerveux;
  • Toluène : maux de tête, nausées, étourdissement et dépression du système nerveux;
  • Ethylbenzène : asthénie, des céphalées et une irritation des yeux et des voies respiratoires
  • Xylènes : nausées, fatigue, étourdissements, problèmes aux reins et au foie.

Ces quatre COV sont retrouvés principalement dans des produits créés à base de pétrole comme les adhésifs, les diluants, les solvants, les décapants, les vernis, la peinture et la teinture...

Afin de prévenir une exposition au COV, il est possible de penser à utiliser des produits ménagers beaucoup moins toxiques et donc plus écologiques. Sinon, s'assurer que l'entreposage des produits est conforme et assurez-vous de prendre les bonnes précautions lorsque vous les utilisez.

Formaldéhyde. Le formaldéhyde est un gaz incolore couramment utilisé dans le monde entier en guise de désinfectant et d’agent de conservation. Il est également employé dans de nombreux produits ménagers et dans certains matériaux de construction. Lorsqu’il est présent à des niveaux élevés dans l’air, il dégage une odeur âcre. Le formaldéhyde se retrouve à de faibles taux dans toutes les maisons et dans tous les immeubles. Les principales sources de formaldéhyde dans l’air intérieur sont les suivantes :

  • La fumée du tabac;
  • La fumée des poêles à bois et des foyers;
  • Les émanations de véhicules à l’intérieur des garages adjacents aux maisons;
  • Les peintures au latex, les colles, les adhésifs, les vernis et les laques;
  • Le papier peint, le carton et les articles en papier;
  • Les détergents à vaisselle, les assouplissants textiles, le cirage à chaussures et les nettoyants à tapis et vernis et durcisseurs à ongles;
  • Les tissus infroissables (pour les rideaux, pour les draps et pour les vêtements);
  • Les meubles, les armoires et les matériaux de construction faits de panneaux de particules, de panneaux de fibres à densité moyenne, de bois dur, de panneaux de contre-plaqué et de certains plastiques moulés.

Le formaldéhyde est un irritant. Une exposition à court terme à des taux élevés de formaldéhyde peut causer des sensations de brûlure aux yeux, au nez et à la gorge. L’exposition à long terme à des taux modérés de formaldéhyde peut être associée à des problèmes respiratoires et à des allergies, en particulier chez les enfants.

SALLES DE PHOTOCOPIES ET D'IMPRESSIONS

Salle de photocopieuses pouvant contenir des COV

Des entreprises, des sections de bureaux ou des centres de reprographie commerciale sont des endroits où l’on retrouve de nombreux photocopieurs et imprimantes. Des mesures simples doivent donc y être mises en œuvre pour la protection des employés, en particulier pour les responsables des tâches de reprographie, de maintenance, d’entretien et de réparation de ces appareils.

Tout employeur doit assurer la santé et la sécurité de ses travailleurs, et procéder à l’évaluation des risques professionnels dans son entreprise. À la suite de cette évaluation, il est dans l’obligation de mettre en œuvre une politique de prévention des risques professionnels incluant l’information et la formation des travailleurs. Le non-respect de cette exigence peut entraîner la responsabilité pénale de l’employeur.

Les risques liés aux photocopieurs et imprimantes. Les encres en poudre pour photocopieurs ou imprimantes sont en général composées d’environ 85% d’un polymère (liant à bas point de fusion), de 10% de pigment colorant (noir de carbone) et de 5% d’un agent de contrôle de charge (intervenant dans le procédé électrostatique de reproduction). Ces encres en poudre sont des produits irritants qui peuvent avoir un effet sensibilisant (risque d’allergie) et sont susceptibles d’entraîner divers problèmes de santé chez les opérateurs exposés à ses poussières (toux, éternuements, irritations cutanées ou oculaires, céphalées, etc.). En cas d’apparition ou de persistance de ces signes, il faut consulter un médecin.

Au vu de certaines études expérimentales et animales, un effet cancérigène en relation avec des émissions d’encres en poudre n’est pas exclu, mais les connaissances actuelles ne permettent pas de le conclure. L’ozone généré par les photocopieurs est potentiellement dangereux (risques d’atteintes pulmonaires, oculaires, rénales et neurologiques), mais, à l’heure actuelle, la plupart des photocopieurs récents sont équipés de filtres à ozone, ce qui diminue le risque. Par contre, les utilisateurs qui produisent des photocopies en grand nombre ou qui manipulent des appareils anciens ou en mauvais état – mal entretenus ou n’ayant pas de filtres – encourent plus de risques.

Diverses encres sont utilisées selon la technologie des imprimantes mises sur le marché

Jet d’encre. Ce procédé se divise en 2 catégories : le jet continu et la goutte à la demande. L’encre est un mélange composé de solvant, de matière colorante, d’un liant et d’additifs :

  • Le rôle du solvant est de transporter l’encre entre la cartouche et le papier, et de contribuer au séchage; on utilise généralement du méthyléthylcétone, des acétates, de l’éther glycol et des alcools; certains solvants sont toxiques quand ils sont respirés, avalés ou lorsqu’ils entrent en contact avec la peau; et ils ont un impact écologique;
  • Le colorant est constitué de composants très solubles et sans métaux lourds ayant une bonne tenue à la lumière; aujourd’hui, on s’oriente vers l’utilisation de pigments très fins (<1 µm) qui sont très toxiques (métaux lourds en général);
  • Le liant assure la cohésion de l’encre et contrôle sa viscosité; il permet l’adhésion de la matière colorante au support; les résines phénoliques sont parfois remplacées par des copolymères;
  • Les additifs sont présents dans l’encre dans une proportion inférieure à 1%; leur fonction est d’améliorer la fluidité, l’adhésion, la rhéologie du liant ou la conductivité de l’encre; ils peuvent être de puissants allergènes.
  • Laser

L’impression laser est un procédé d’impression photo-électrique qui utilise de l’encre en poudre (toner). Cette poudre est constituée en majeure partie de fines particules de matière plastique, de résine et de pigments magnétiques. Les polymères (copolymères, résines polyesters) utilisés varient selon le fabricant. Initialement, la taille moyenne des particules se situait entre 14 et 16 µm ou plus. Quand on passe à une résolution de 600 ppp, la taille des particules peut passer de 8 à 10 µm. Comme dans le cas de l’impression au jet d’encre, le toner n’est pas sans conséquence sur l’environnement et la santé. Une enquête menée sur une soixantaine d’imprimantes laser a en effet révélé que presque un tiers des modèles testés rejette dans l’air des résidus d’encre potentiellement dangereux (source PC Impact – 08/2007).

Les poussières de photocopieurs, grandes ennemies des ordinateurs et des serveurs. La salle de reprographie détruit-elle les salles informatiques et les salles de serveurs? Avant tout, une bonne circulation de l’air est primordiale, d’un air non pollué, puisque c’est l’air qui assure le bon fonctionnement du matériel informatique en refroidissant les ordinateurs, les serveurs, les armoires contenant du matériel informatique, etc. : la surchauffe est l’une des causes les plus importantes de pannes et de coupures électriques.

Entretien des locaux. Les locaux abritant des appareils de photocopie ou du matériel informatique doivent être nettoyés quotidiennement et avec une attention particulière afin d’éviter l’accumulation de poussières et un trop haut taux de particules en suspension dans l’air. Par exemple, pour laver le plancher, il est recommandé d’utiliser une serpillère humectée à l’eau claire, car les additifs présents dans les produits nettoyants peuvent endommager le matériel informatique. Les planchers surélevés, eux, nécessitent un entretien particulier, et un nettoyage annuel du plénum requiert l’expertise d’entreprises spécialisées afin de garder intacts les filtres des unités informatiques et d’assurer un niveau d’hygiène satisfaisant pour le personnel.

À la surveillance que nécessite la poussière s’ajoutent les niveaux de température et d’humidité qui peuvent également occasionner des bris d’équipement, comme celles des autres agents de pollution atmosphérique qui peuvent également provoquer une corrosion rapide et très dommageable du matériel informatique. En effet, comme le stipule le guide de préparation de Hewlett Packard, la pollution de l’air et la poussière représentent de multiples dangers pour le matériel électronique : masquage des têtes de lecture des unités de disques, courts circuits de composants, altération des contacts, refroidissement insuffisant, détérioration des parties mécaniques en mouvement, risque de détérioration des supports magnétiques, colmatage prématuré des filtres internes ou du conditionnement d’air, etc. De plus, les poussières sont de différents types et ne réagissent pas de la même façon lorsqu’elles entrent en contact avec les composants électroniques :
poussières fines ou abrasives;
poussières conductrices;
poussières sèches ou isolantes.

Les poussières fines provoquent l’abrasion des composants, surtout ceux des éléments mobiles; et son accumulation sur les boîtiers favorise la rétention de l’eau et de l’humidité. Les poussières conductrices, elles, causent des courts-circuits, tandis que les poussières sèches ou isolantes sont susceptibles d’interrompre le passage du courant et d’accroître la résistance de contact. On caractérise la poussière sèche comme étant un isolant thermique, puisqu’elle réduit la dispersion de chaleur et augmente la température locale. Ce processus risque d’endommager les circuits électriques et même de provoquer des incendies ou des explosions.

SALON DE MANUCURE

Technicienne effectuant une manucure

La loi oblige les employeurs à fournir à leurs employés des lieux de travail sûrs et sains. Pourtant, dans les salons d’esthétique ou dans les salons dédiés uniquement à la pose de prothèses ongulaires, où on utilise de nombreux produits chimiques nocifs, les systèmes de ventilation et de filtration de l’air sont souvent inadéquats. Les travailleurs et les clients risquent donc d’absorber une quantité importante de particules chimiques qui demeurent en suspension dans l’air intérieur. Des esthéticiennes, des techniciennes spécialisées dans la pose de prothèses ongulaires, etc., disent par ailleurs éprouver des malaises sur leur lieu de travail : maux de tête, étourdissements, éruptions cutanées, etc. Ces symptômes ne sont pas à prendre à la légère, puisque des études, dont les sujets ont été suivis sur une longue période, ont démontré que le personnel de tels salons était plus à risque de développer certaines maladies chroniques, tels le cancer ou des maladies immunitaires; et, chez le fœtus de femmes enceintes, des malformations congénitales. Jour après jour, pendant de longues heures, ces travailleurs s’exposent à de nombreux produits chimiques, en respirent les vapeurs nocives, les poussières particulaires, les émanations. Ils les ingèrent même lorsqu’ils mangent, boivent ou fument. Les techniciens d’ongles, parce qu’ils utilisent les produits les plus nocifs, sont particulièrement à risque. Des études décrivent chez eux des problèmes respiratoires, cutanés et de leur appareil locomoteur. Par contre, ces études demeurent prudentes quant à la cause de ces problèmes de santé, car il demeure difficile de prouver qu’une maladie est la conséquence directe d’une exposition à ce type de pollution. Mais la dangerosité de ces produits, elle, est bien réelle.

En effet, les produits de manucure et de pédicure contiennent de nombreuses substances chimiques telles que l’acétone, le méthacrylate d’éthyle et autres acrylates, la méthyléthylcétone, l’acétate d’éthyle, la lanoline et le diméthyle-p-toluidine. Ils peuvent causer des irritations de la peau, des yeux, du nez, de la gorge et des poumons et avoir des effets sur le système nerveux central.

  • Les produits utilisés dans lesquels on retrouve ces substances sont :
  • Le dissolvant utilisé pour enlever l’ancien vernis présent sur les ongles des clientes;
  • La colle qui fixe les capsules sur l’ongle naturel et les fibres de soie et de verre;
  • Le liquide (primer) qui facilite l’adhésion de la résine;
  • Le liquide acrylique, un monomère;
  • La poudre acrylique, un polymère, qui comporte un catalyseur, généralement du peroxyde de benzoyle);
  • Les gels (plusieurs types de gels existent, mais leurs compositions restent assez similaires);
  • Les vernis à ongles;
  • Le diluant pour vernis;
  • Le nettoyant des pinceaux

Certains de ces produits contiennent du formaldéhyde (formol); produit qui peut provoquer des allergies et, à long terme, des cancers. D’autres contiennent des éthers de glycol, du xylène et du toluène qui, selon des tests effectués sur des animaux de laboratoire, seraient à l’origine de troubles de la reproduction. Bien que l’utilisation de méthacrylate de méthyle (MM) soit interdite aux États-Unis depuis 1974, on continue à l’employer. En 1982, une étude a montré que, sur 29 produits testés, 8 en contenaient; et une étude réalisée en 1986 a établi la présence de concentrations mesurables de MM dans l’air de certains salons de soins des ongles. Au contact de la peau, ce produit peut provoquer des picotements, des engourdissements et un blanchiment des doigts de la main. Chez de nombreuses personnes, il est également responsable d’allergies cutanées. De plus, une allergie au MM peut augmenter la sensibilité à des méthacrylates plus courants. Dans certains produits, le MM a été remplacé par d’autres acrylates qui peuvent aussi accroître cette sensibilité. Malgré cela, beaucoup de propriétaires et d’employés de salons sont négligents envers les émanations chimiques; par exemple, on maintient les bouteilles contenant du liquide acrylique ouvertes sur la table de travail, même lorsqu’on ne les utilise pas, et on les referme seulement en fin de journée. Mais plusieurs moyens peuvent être adoptés pour prévenir les risques liés à l’exposition de ces produits chimiques. D’abord, s’informer sur les ingrédients qu’ils contiennent. Par contre, l’étiquetage pose souvent problème, car certaines compagnies omettent de divulguer les ingrédients à même les bouteilles ou les contenants. Cependant, sachez que les fabricants sont tenus de fournir des fiches de données de sécurité (FDS) de leurs produits potentiellement dangereux pour la santé des travailleurs. Ensuite, remplacer, lorsque possible, les produits nocifs par des produits de substitution moins dangereux.

Quand il n’y a pas de produits substituts ou quand il y a méconnaissance des ingrédients en raison d’un mauvais étiquetage, certains produits chimiques nocifs peuvent être difficiles à éviter. Dans de pareilles situations, il faut réduire l’exposition à ces produits autant que possible en appliquant les comportements suivants :

  • Assurer une bonne ventilation dans le salon;
  • Garder les poubelles bien fermées;
  • Utiliser de petites quantités de ces produits;
  • Porter des gants en nitrile et des vêtements de protection;
  • Se laver les mains avant et après utilisation.

SALON DE COIFFURE

Coiffeuse effectuant une teinture

Les risques causés par les produits chimiques sur la santé des travailleurs et des travailleuses des salons de coiffure et d’esthétique, et la purification de l’air. On estime qu’en Amérique du Nord 1,1 million de femmes et d’hommes travaille dans plus de 165 000 salons de coiffure et instituts de beauté. Les coiffeuses et les coiffeurs, et les esthéticiennes fournissent un vaste éventail de services, dont le rasage, la coupe et la mise en forme des cheveux, les soins de manucure et de pédicure, la pose d’ongles artificiels, et une large gamme de traitements chimiques des cheveux tels que la coloration, la décoloration, le défrisage et l’ondulation permanente. Les personnes travaillant dans les salons de coiffure et d’esthétique s’exposent donc à une grande diversité de particules de produits chimiques dont les voies de pénétration sont multiples : absorption par la peau ou par les yeux, inhalation des vapeurs et des particules dangereuses ou ingestion lorsqu’ils mangent, boivent ou fument.

Les produits chimiques

Aux États-Unis, une analyse effectuée par l’Institut national américain de la sécurité et de la santé au travail (NIOSH – acronyme de la National Institute for Occupational Safety and Health) révèle que 30 % des 3 000 produits chimiques utilisés dans les salons de coiffure et d’esthétique sont classés par le gouvernement américain comme étant des substances toxiques. Or, dans de nombreux salons, la ventilation n’est pas suffisante pour éliminer la présence de ces produits chimiques. On peut s’informer des risques encourus au contact de ces produits en lisant correctement les étiquettes et les fiches de données de sécurité (FDS). Les produits chimiques ont des effets différents sur l’organisme selon leur concentration, leur toxicité, leur type de pénétration (inhalation, contact avec la peau, ingestion) et la durée d’exposition. Les caractéristiques individuelles (état de santé général, grossesse, consommation de tabac, par exemple) sont également des facteurs qui modifient les impacts de ces produits.

Les opérations courantes comportant l’utilisation de produits chimiques

La coloration des cheveux. Les solutions colorantes sont appliquées manuellement sur les cheveux (mais aussi, et de plus en plus, sur les sourcils et les cils) à l’aide d’un flacon applicateur ou d’un pinceau. Les produits chimiques utilisés pour la coloration des cheveux sont généralement des colorants organiques synthétiques, des colorants métalliques complexes ou des teintures végétales. Les colorants synthétiques sont souvent des teintures oxydantes permanentes qui contiennent du peroxyde d’hydrogène destiné à oxyder les diamines aromatiques. Ces produits sont irritants pour les yeux, le nez et la gorge, et ils contiennent des amines qui provoquent des allergies chez certaines personnes. Les teintures métalliques renferment parfois des composés au plomb.

Les teintures au goudron de houille. Les teintures au goudron de houille peuvent contenir des agents mutagènes. Les tests in vitro réalisés n’ont pas permis d’évaluer avec précision leurs risques pour la santé. Par contre, il existe des teintures non mutagènes dont l’utilisation devrait être encouragée; le henné, par exemple, qui est une teinture végétale.

La décoloration des cheveux: Les solutions décolorantes sont appliquées manuellement à l’aide d’un flacon applicateur ou d’un pinceau. Elles peuvent contenir du peroxyde d’hydrogène, du peroxyde de sodium, de l’hydroxyde d’ammonium, du persulfate d’ammonium ou du persulfate de potassium, autant de produits susceptibles de causer des irritations de la peau, des yeux, du nez, de la gorge ou des poumons. Dans les soins esthétiques, les poudres éclaircissantes au persulfate ont également été associées à l’asthme.

L’ondulation permanente (ou permanente). Les permanentes se font habituellement en plusieurs étapes : lavage des cheveux, pose de bigoudis, application d’une solution contenant du thioglycolate ou un agent similaire, rinçage et neutralisation avec un agent oxydant. On peut également utiliser des vaporisateurs à eau. Les solutions pour les permanentes peuvent contenir de l’alcool, des bromates, de l’hydroxyde de sodium, de l’acide borique (perborate ou borate), du thioglycolate d’ammonium ou du monothioglycolate de glycérol. Certains de ces produits ont des effets sur le système nerveux central (maux de tête, étourdissements, nausées, assoupissement) et peuvent provoquer des irritations de la peau, des brûlures ou des réactions allergiques (obstruction ou écoulement nasal, éternuements, asthme ou dermites allergiques).

Le lavage et la mise en forme des cheveux. Le lavage des cheveux comprend le shampouinage et le rinçage à l’eau, suivis ou non de l’application d’un après-shampoing ou d’un démêlant, et d’autres produits de soins capillaires. Le séchage des cheveux se fait de plusieurs façons : à l’aide de serviettes, avec un sèche-cheveux à main ou grâce à un séchoir fixe. La mise en forme des cheveux nécessite habituellement l’utilisation de gels, de crèmes ou de bombes aérosol. Le lavage des cheveux est souvent la première étape d’une série d’autres opérations telles que la mise en forme, la coloration et l’ondulation permanente. Dans les grands salons de coiffure, une personne peut être affectée exclusivement au lavage des cheveux des clients et est, par le fait même, davantage exposée à ce type de produits. Les shampoings et les après-shampoings (tonifiants capillaires) peuvent contenir de l’alcool, des distillats de pétrole et du formaldéhyde : des produits reconnus comme des agents provocateurs de dermites et d’allergies, y compris à l’asthme. Par ailleurs, l’utilisation de formaldéhyde pendant de longues périodes peut provoquer des cancers. Aussi, les laques en bombes aérosol pour cheveux contiennent parfois, outre des solvants, de la polyvinylpyrrolidone, qui a été associée, dans certaines études, à des maladies pulmonaires et respiratoires, parmi lesquelles la thésaurose.

Le défrisage des cheveux. Les solutions défrisantes ou assouplissantes sont appliquées sur les cheveux avec un pinceau ; les cheveux sont alors défrisés et la boucle naturelle est aplanie. Les solutions défrisantes peuvent contenir de l’hydroxyde de sodium, du peroxyde d’hydrogène, des bromates, de l’ammonium, du thioglycolate et du monothioglycolate de glycérol. Ces produits chimiques sont susceptibles de provoquer l’irritation des yeux, du nez et de la gorge, d’avoir des effets sur le système nerveux central et de causer des dermites.

En tenant compte de ce vaste éventail de produits chimiques auquel s’expose sur de longues périodes le personnel des salons de coiffure, il devient primordial de rehausser la qualité de l’air de leur lieu de travail afin de leur éviter de graves ennuis de santé.

ATELIER DE PEINTURE ET DE RESTAURATION D’ART

Experte en arts effectuant une restauration à l'aide de solvant contenant des COV

Les artistes qui utilisent de la peinture et les restaurateurs d’œuvres d’art sont souvent confinés dans des ateliers ou dans des espaces clos. De par leur art ou leur métier, ils s’exposent sur de longues périodes à des particules présentes dans l’air de leur lieu de travail. En effet, la peinture et les produits servant à la restauration sont composés de nombreux produits polluants qu’ils laissent échapper.

Configuration des solvants : la peinture et les COV. Les peintures, même celles à base d’eau, contiennent des solvants. En séchant, la peinture appliquée les libère dans l’air. Ces solvants sont des composés organiques volatils (COV) et peuvent provoquer des effets graves sur la santé : asthme, allergies respiratoires, maux de tête, troubles neurologiques, etc. Selon l’EPA (Environmental Protection Agency), les peintures et les produits de finition sont responsables de plus de 9 % des émissions mondiales de COV. Ils sont, après les automobiles, les plus grands émetteurs. Dorénavant conscientes de cette problématique environnementale, la plupart des grandes entreprises en ce domaine ont commencé à produire des peintures à faible taux de COV ou sans COV.

Mais l’étiquetage des produits pose problème, car une peinture sans COV n’en est pas complètement exempte. Par exemple, les peintures à l’acrylique, considérées sans COV, en contiennent des traces. De plus, même avec peu de COV, les peintures synthétiques peuvent renfermer d’autres solvants et additifs qui nuisent à la qualité de l’air. Une peinture est un ensemble complexe de composants chimiques. La composition d’une peinture est très variable selon sa fonction et le support sur lequel elle va être appliquée. Cependant, elle contient toujours une charge qui constitue son corps et participe à sa résistance, des pigments, un liant qui assure la cohésion de ses éléments, un solvant, qui dissout le liant pour rendre la peinture applicable, et des additifs. Le liant est le composant principal de la peinture. Il assure la cohésion des différents constituants entre eux et sur le support d’application. Il est formé de résines synthétiques ou d’origine naturelle qui créent un film en séchant. Selon le mode de séchage (évaporation ou dissolution), c’est-à-dire à l’huile ou à l’eau, le liant modifie la qualité de l’air intérieur à court et à moyen terme.

La charge est constituée de substances minérales très diverses (talc, mica, kaolin, dolomie, etc.). Elle renforce la résistance mécanique qui atténue l’aspect brillant de la peinture, et son efficacité diffère selon l’importance du ratio entre le liant et les pigments. De manière générale, une peinture brillante est plus riche en liant et, par conséquent, en matières organiques qui risquent de polluer l’air. À l’inverse, une peinture mate contient plus de charges, ce qui explique en partie sa plus faible teneur en COV. Le solvant dilue la peinture. Il représente parfois 50 % du poids total et s’évapore presque totalement dans l’air en séchant. En s’évaporant, c’est une partie des polluants qui s’échappent. Il y a deux modes de dissolution : le premier est de phase solvant (à l’huile); le deuxième est de phase aqueuse (à l’eau), il est tantôt une simple dissolution à l’eau, comme pour les peintures minérales à base de silicate de potassium ou de chaux, tantôt additionnée de cosolvants (éthers de glycol).

Les pigments donnent la couleur, l’opacité et la protection au liant. Pour les peintures blanches, on utilise du dioxyde de Titane, qui diffuse bien la lumière. Les pigments minéraux, comme les oxydes de fer, sont utilisés pour la confection des rouges, des jaunes et du noir. Dans le milieu de la restauration muséale, puisqu’on doit reproduire le caractère ancien des œuvres, les pigments utilisés dans les peintures contiennent encore des métaux lourds. C’est tout l’inverse pour les peintures qu’on pourrait désigner comme modernes ou à caractère moderne, et cela réduit leur teneur en COV, puisque la présence de COV est tributaire, entre autres, de la nature organique ou minérale des couleurs. Enfin, un certain nombre d’additifs joue un rôle dans la diminution de la propagation de COV, comme les siccatifs (accélérant le séchage), les hydrofuges (améliorant la résistance à l’humidité), les fongicides (luttant contre les moisissures), des agents de coalescence (facilitant la formation du film), des antioxydants, des antiélectrostatiques, des épaississants, des stabilisants, des biocides, etc. Par contre, même s’ils sont moins dommageables quel les COV, ces additifs peuvent également être une source de pollution atmosphérique.

Après l’application de la peinture, l’odeur de solvant peut persister pendant plusieurs semaines, et ce, même après une aération intense. De plus, même si l’odeur disparaît après un certain temps, des COV peuvent être présents dans l’air à des concentrations nocives si une personne y est exposée pendant une longue période. Normalement, les COV s’évaporent complètement au séchage, et les émissions sont surtout importantes les trois premiers jours après l’application. Tandis que le dégagement des autres composés présents dans la peinture peut se poursuivre durant plusieurs semaines, voire pendant des mois, car les pigments et autres additifs, eux, demeurent présents sur les supports peints pendant des décennies.

En somme, les nombreux composants chimiques de la peinture (tel le solvant) et les produits utilisés dans le domaine de la restauration muséale mettent à risque les artistes et les travailleurs qui y sont exposés. De plus, une mauvaise ventilation de l’espace de création ou de travail accentue grandement la pollution de l’air intérieur déjà soumis à de fortes doses de COV.