Retour
icon phone 1 800 438 8990 icon quote Soumission

Soudure Cr 6 et métaux

Soudeur qui soude une pièce de métal, production de chrome hexavalent

Test et gestion de l'air contenant des fumées de soudage le chrome hexavalent et les métaux.

C'est en 1798 que le chrome métallique fut isolé par Nicolas Louis Vauquelin. On le retrouve naturellement dans l'environnement en petite quantité. Il se présente sous la forme d'un métal dur gris d'acier. Ses principaux atouts sont de pouvoir résister au ternissement et à la corrosion avec le temps. Il possède plusieurs états d'oxydation allant de 2 à 6. Le chrome hexavalent ou chromate (Cr VI) est très oxydant et il est le sixième état d'oxydation de l’élément chrome.

Son utilisation est principalement reconnue dans le domaine de la métallurgie. En effet, il est utilisé pour sa finition plus brillante au matériel. Il lui donne en même temps ses propriétés soit une résistance à la corrosion. Il est également utilisé à la fabrication de pigments, au traitement des surfaces métalliques, au tannage du cuir et à la préservation du bois. On le retrouve également dans le ciment et dans la poussière de mortier. Son utilisation dans le milieu industriel fait en sorte qu'il peut être rejeté dans l'environnement.

Le chrome hexavalent est une fabrication de l'homme. Cet état du chrome est connu pour être toxique et pour avoir des effets irritants et des effets sensibilisants (réactions allergiques) sur la santé des individus qui sont en contact. Il traverse les membranes biologiques facilement. En effet, le chrome hexavalent peut pénétrer à l'intérieur du corps humain par les voies respiratoires, par contact direct avec la peau ou si un individu mange dans un milieu contaminé. Les effets irritants du chrome sont des rougeurs ou ulcères au niveau de la peau et du nez, des maux de gorge, de la rougeur dans les yeux, de la toux et des difficultés respiratoires, des ulcères d'estomac, gastrique et œsophagien. Les réactions allergiques peuvent entraîner des écoulements nasaux, des bronchites, de l'asthme et de la fibrose pulmonaire. Le chrome hexavalent peut aussi donner le cancer des poumons et des bronches. Les personnes qui fument du tabac peuvent voir les risques reliés au chrome augmenter. Selon la documentation, il est estimé que 10 % du chrome hexavalent ingéré est absorbé par le tractus gastro-intestinal. Lorsqu'il est inhalé, entre 12 et 30 % du chrome est absorbé. Il est élimé par l'organisme dans l'urine lorsqu'il est ingéré et par les selles lorsqu'il est inhalé. Lors d'études réalisées dans l'industrie du chromage, on a remarqué une corrélation entre l'exposition au chrome hexavalent et l'apparition d'un cancer des poumons ou d'un cancer nasale. On a également conclu que la durée de l'exposition pouvait également être un facteur important dans le développement de ce cancer. D'autres études dans le secteur de production de pigments à base de chromate ont également démontré une augmentation du nombre de cancers des poumons chez les travailleurs. Encore là, une association a été faite en lien avec la durée et le niveau d'exposition.

Chez les travailleurs, la principale source d'exposition au chrome hexavalent est par inhalation et par absorption cutanée. Les ouvriers les plus exposés au chromate sont ceux qui travaillent dans la fabrication de composés et de pigments à base de chromates, dans la production d’acier inoxydable, dans le soudage, dans le placage au chrome, dans la production de ferrochrome, dans le traitement du bois et dans l'industrie du tannage du cuir. Ces par les procédés industriels en lien avec le chrome que l’exposition des travailleurs à des substances toxiques du chrome hexavalent se produit.

Il est possible que la population soit exposée au chrome hexavalent par l'alimentation, par l'eau potable et par l'air ambiant des résidences. En effet, les individus qui vivent près de décharges non contrôlées contenant des résidus dangereux ou d’usines où l’on utilise du chrome pourraient être plus exposés au chrome hexavalent que le reste de la population. En effet, il est un déchet industriel qui peut être rejeté dans l’environnement lors de la production d’électricité, du finissage des métaux et du traitement du bois.

La source majeure d’exposition des travailleurs au Cr (VI) se produit pendant le « travail à chaud », comme le soudage d’acier inoxydable ou d’autres alliages d’acier contenant du chrome métallique. Les fumées composées de gaz et de particules métalliques, dont le chrome hexavalent, sont émises dès que la température atteint le point de fusion (196˚ C) du CrO3; ces fumées toxiques sont alors inhalées par les travailleurs et par les gens qui sont à proximité. C’est dans ce contexte de travail à haut risque que toutes les mesures préventives doivent être appliquées pour préserver la santé des travailleurs.

Les résultats de l’analyse guideront alors les intervenants vers le type de solutions à envisager : ventilation mécanique et/ou port d’équipements de protection appropriés et conformes aux règlements sur la santé et sur la sécurité au travail en vigueur.

Équipement de protection pour chrome hexavalent

Les fumées de soudage sont un mélange complexe d'oxyde, de silicates et de fluorures métalliques. La fumée se forme lorsqu'un métal est chauffé à une température plus élevée que son point d'ébullition. Les vapeurs qui se dégagent se condensent pour produire de très fines particules solides qui proviennent du matériau soudé. Sa composition est variable en fonction des métaux présents dans les pièces à assembler.

Par exemple, la fumée de soudage provenant de silice ou de fluorure contient de la silice amorphe, des silicates et des fluorures métalliques. Pour celles qui proviennent du soudage de pièces en acier doux, on retrouve principalement du fer et de petites quantités de particules de métaux ajoutés (chrome, nickel, manganèse, molybdène, vanadium, titane, cobalt, cuivre, etc.). La fumée renferme principalement du chrome ou du nickel peut provenir de soudage d'acier inoxydable.

Le revêtement des pièces à souder peut se retrouver dans les fumées de soudage et certains peuvent être toxiques pour la santé du travailleur. Par exemple :

  • Les produits employés pour le travail des métaux comme les huiles et les produits antirouille;
  • La couche de zinc qu'on retrouve sur l'acier galvanisé;
  • Le cadmium sur les métaux cadmiés;
  • Les solvants et la peinture;
  • Les apprêts qui sont faits à base d'oxyde de plomb;
  • Quelques revêtements de plastiques.

Il est préférable d'enlever le revêtement des faces à souder avant de procéder à soudure afin de diminuer les fumées de soudage. Cette étape peut se faire à l'aide de produits de décapage approprié. Ne jamais procéder par ponçage puisque cette technique produit des poussières qui peuvent être toxiques. Parfois, lorsque le revêtement est très toxique, il faut l'enlever par voie humide sous vide.

Une exposition inadéquate à la fumée de soudage peut entraîner une irritation des yeux et des voies respiratoires puisque plusieurs oxydes de métaux ou les gaz libérés peuvent être irritants. Le soudeur, lorsqu'il est exposé à des concentrations élevées de gaz ou de particules irritantes peut développer de l'œdème pulmonaire. Dans la littérature, on rapporte que des soudeurs qui ont eu une exposition accidentelle à de fortes concentrations de gaz irritants ont développé un syndrome d'irritation bronchique qui a même provoqué des symptômes d'obstruction branchiale. Les risques pour la santé des individus exposés dépendent de plusieurs facteurs : le type de procédé de soudage, la composition du matériau à souder, le type de revêtement présent, la concentration et les conditions d'exposition à la fumée de soudage (type de ventilation, aire ouverte ou espace clos). Les pratiques du travailleur peuvent avoir aussi un impact sur l'exposition (enlever les vêtements, nettoyage des surfaces...).

Les travailleurs peuvent être exposés à la fièvre des fondeurs. Cette dernière est causée par l'inhalation d'oxydes de certains métaux comme le magnésium, le zinc et le cuivre. Dans de rares cas, l'aluminium, le cadmium, le fer, le manganèse et le nickel peuvent provoquer la fièvre des fondeurs. Les symptômes observés sont : fièvre, frissons, mal de gorge, douleurs musculaires, raideurs, transpiration, goût métallique, nausées, vomissement et la soif. Tous ces symptômes peuvent apparaître quatre (4) à huit (8) heures après l'exposition. Ils disparaissent d'eux-mêmes environ 24 à 48 heures après.

À long terme, les travailleurs peuvent développer des problèmes de santé plus chronique. Généralement, les effets observés sont la rhinite, la bronchite chronique, des lésions au niveau de la peau et des muqueuses, une augmentation des infections pulmonaires et des pneumoconioses (fibrose au niveau des poumons). Des cas où des travailleurs ont développé de l'asthme lorsque la fumée de soudage contenait du zinc ont été notés dans la littérature. Les métaux qui sont détectés dans l'analyse des fumées de soudage sont les suivants : l'aluminium (Al), l'antimoine (Sb), le béryllium (Be), le cadmium (Cd), le chrome (Cr), le cuivre (Cu), le cobalt (Co), le fer (Fe), le manganèse (Mn), le molybdène (Mo), le nickel (Ni), le titane (Ti), le vanadium (V) et le zinc (Zn).